Pratique musicale, un outil de communication alternatif pour les patients atteints de troubles du langage

L’incapacité d’utiliser un langage vocal, et donc de communiquer avec son environnement, en raison d’une aphasie expressive sévère et/ou d’une déficience cognitive, peut frustrer et isoler le patient. L’utilisation de modèles de communication symbolique par le biais d’exercices d’improvisation musicale peut fournir une occasion d’exprimer des émotions et de communiquer des pensées de façon non verbale.

La communication symbolique par la musique (SYCOM) est une technique de neuromusicothérapie (NMT) qui utilise la pratique musicale pour stimuler et générer des comportements de communication, via un système non verbal. (1) Ces exercices permettent d’encourager des comportements de communication tel que le dialogue, d’adopter un langage corporel adapté, tout en favorisant le travail de l’inhibition.

La musique pour rétablir le contact thérapeutes/patients

« De plus en plus de psychologues utilisent la musique comme médiateur afin de rétablir le contact et proposer un accompagnement psychothérapeutique (2) aux personnes n’ayant plus accès au langage verbal. Il est ainsi démontré que la participation à une activité artistique ou occupationnelle favorise le maintien des comportements sociaux adaptés et la reprise du lien à l’autre. La  rééducation  de  groupe  utilisant  la  médiation musicale favoriserait  donc la qualité des rapports intersubjectifs et l’intégration des codes sociaux. »

La musique est une activité sociale et peut être utilisée pour des interventions visant à améliorer les aspects de la communication, les relations interpersonnelles, et la cohésion sociale. Par exemple, elle permet de maintenir ou rétablir un lien de communication avec les patients déments (3). Norberg et collaborateurs (4) ont montré que deux patients sur trois en stade final de démence ont une réaction particulière à la musique, comparativement à une stimulation tactile ou visuelle. La musique montre également des effets bénéfiques dans certains troubles psychiatriques (5), la schizophrénie et les troubles de la conscience (6), ou l’autisme (7).

Ces approches sont essentielles, en particulier dans un contexte où la musique est parfois un des seuls moyens pour établir un contact avec les patients, comme dans des cas de démence avancée ou dans les troubles envahissants du développement. Une des hypothèses émise est que l’effet de la musique dans ce contexte serait dû à son influence sur le système émotionnel et neurophysiologique, régulant l’état psychologique et cognitif entre stimulation et apaisement. (8)

La musique serait donc un vecteur de communication pertinent qui permettrait de rétablir un lien chez des personnes souvent isolées ou en difficulté relationnelle.

Les éléments mis en perspective dans cet article proviennent des sources citées en référence.

 
Sources :

(1) Thaut M., Hoemberg V., 2019, Manuel clinique de rééducation par la musique

(2) Edith Lecourt, 2011, « Le contact sonore… de Freud à la musicothérapie analytique de groupe », Revue de psychothérapie psychanalytique de groupe, pp.157-170

(3) Ogay, Ploton, & Menuhin, 1996, Communiquer grâce à la musicothérapie ; Sambandham & Schirm, 1995, Music as a nursing intervention for residents with Alzheimer’s Disease in long-term care: Music may be a memory trigger for patients with Alzheimer’s and provide a means of communication.

(4) Norberg A., Melin E., & Asplund K., 2003, Reactions to music, touch en object presentation in the final stage of dementia : an exploratory study. Journal of Advanced Nursing, 39(4) : 370-376.

(5) Wheeler, B. L., Shiflett, S. C., & Nayak, S. (2003). Effects of Number of Sessions and Group or Individual Music Therapy on the Mood and Behavior of People Who Have Had Strokes or Traumatic Brain Injuries. Nordic Journal of Music Therapy, 12(2), 139–151. https://doi.org/10.1080/08098130309478084

(6) Goto, Yukio & Noda, Ryo & Ichikawa, Noriyoshi & Fujiwara, Michiyuki. (2002). Cerebral circulation of consciousness disorder patient using near-infrared spectroscopic topography during brain rehabilitation by music exercise therapy. International Congress Series. 1232. 549-554. 10.1016/S0531-5131(01)00689-6.  ; Talwar et al., 2006, Music therapy for in-patients with schizophrenia: exploratory randomised controlled trial.

(7) Gold, Wigram, & Elefant, 2006, Music therapy for autistic spectrum disorder.
Mise à jour : Geretsegger M1, Elefant C, Mössler KA, Gold C. , 2014, Music therapy for people with autism spectrum disorder.

(8) Aline Moussard, Françoise Rochette et Emmanuel Bigand – La musique comme outil de stimulation cognitive. « L’Année psychologique » 2012/3 Vol. 112 | pages 499 à 542 – ISSN 0003-5033
Article disponible en ligne à l’adresse : https://www.cairn.info/revue-l-annee-psychologique1-2012-3-page-499.htm

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